Fantômette a des croûtes

DSC_1127Telle la vengeresse masquée, je ressurgis et j’é-crie de joie, de rage, je témoigne pour ceux qui souffrent impuissants. Aujourd’hui, finie la branlette littéraire à parler de somatisation, à parler de l’indicible et des mystères de l’être humain en jolies métaphores et allégories. Je vous ai compris!  Pour vous et pour moi même je vais frapper plus fort. Je vais carrément aller sous l’épiderme, sous les chairs, jusque dans les organes hahahaaa!! (rire sadique, qui n’est en fait que de la provoc’ étant donné la phobique du sang que je suis). La vérité c’est qu’il m’a fallu 730 jours pour achever l’enquête de mes mystérieux maux. Et à ne pas savoir ce qu’on cherche, on risque pas de trouver.

D’ailleurs, j’ai beaucoup écrit sur mes maux d’intestins mais jamais je ne me suis attardée sur les délicieux détails de mes démangeaisons cutanées. Par pudeur certainement. Mais aujourd’hui vous y aurez droit, aussi car tout est lié. Enfin quand même, Parce que je vous me respecte, je ferai l’ellipse de certains détails.

Commençons par la fin. C’est un happy ending, digne du meilleur épisode de Fantômette.

Je suis guérie.

Il y a encore quelques jours, j’avais beau dormir neuf heures par nuit, quand le réveil sonnait j’aurais voulu dormir pour toujouuuuurs! J’avais des cernes plus glamour chaque jour. A force d’entendre « t’as encore maigri toi« , je finissais par me dire que « putain ta gueule franchement, vu ce que je traverse, ça me parait logique!« . A chaque bouchée que j’avalais, j’écoutais – comme quand on lâche un caillou dans un puits et qu’on attend le plouf – que mon tube digestif reçoive et me crie Mayday! Mayday! Enfin, « m’aider » car il parle français lui! C’est surprenant…

Aujourd’hui je termine mon traitement antifongique et antibiotique contre un Candida albicans* et un Escherichia coli**. Ça a l’air mignon comme ça. L’un est un champignon, l’autre une bactérie. Miam. Le prélèvement biologique dit « nombreuses colonies de« . Comprenez: « Cette personne est une putréfaction sur pattes« . Zombie lady! Cela faisait deux ans que j’étais colonisée par Miss Cherry** et elle invita Miss Candy* quelques mois plus tard à faire une coloc chez moi. Non je n’ai pas fait un tour chez un médecin légiste pour le savoir… Il suffit de savoir que l’un est une bactérie intestinale et l’autre un champignon microscopique présent dans les voies génitales et digestives. On fait vite le lien avec l’enfer que je vis depuis l’an 2012  et dont je vous ai fait l’agréable description ces derniers mois.

On a bien fêté l’anniversaire de notre amitié avec mes potes colons et aussitôt la fête terminée, j’allais rendre visite au docteur « c’est une perle! » qu’on venait de me conseiller. Des perles on m’en a recommandé des tas: médecins, homéopathes, guérisseurs, magnétiseurs. Ils sont tous moooorts!!! J’en ai changé comme de chemise – c’est d’ailleurs aussi là le problème.

Anyway. Pour une fois, loin de m’imaginer aller rendre visite à Jésus, Superman ou Gérard Majax (désolée j’ai pas mieux dans mon répertoire de magiciens célèbres…), je ressortis de ma visite chez Superdoc avec un véritable plan d’action. Je me rendis immédiatement au labo pour une analyse biologique et – plus efficace que Clear Blue – quelques 3 jours plus tard j’étais fixée. Le diagnostic d’eczéma énoncé après un simple coup d’œil par Motherfuckingdoc 1 an plus tôt – ce diagnostic devenu pure conviction entraînant une lutte acharnée contre une somatisation qui me paraissait désormais invincible – et bah POUF le diagnostic. En lisant le résultat je restai bouche bée, sur le cul. Puis ce fût une bouffée d’air frais, un soulagement, et je finis par fondre en larmes. Je pleurai de joie et de tristesse. Comment avais-je pu me laisser vivre cette situation aussi longtemps?? Comment avais je pu faire confiance à un diagnostic posé à la va vite, juste parce qu’elle avait l’air si sûre d’elle! Sans compter la prescription de cortisone soigneusement appliquée sur mon eczéma imaginaire pendant un an!! Pourquoi aucun médecin ou moi même n’avions pensé à me faire faire cette analyse avant?? Colère envers eux, envers moi même. Et je repensai à tous ces témoignages sur les forums de santé; au désespoir de tellement de gens de ne pas comprendre, de ne pas vaincre leur maladie, mais surtout de lutter dans le secret, l’ignorance et l’incompréhension.

Aujourd’hui guérie, Fantômette a des croûtes – la super héroïne déchue au costume usé par les grattages en continu – a troqué ses vieux leggings en coton contre la combinaison en simili cuir de Catwoman!  Parce qu’il faut que cet épisode douloureux porte ses fruits, j’ai, entre autres, eu principalement a cœur pour moi et pour tous, de rédiger des courriers aux deux principaux médecins dont j’ai été (la) patiente ces deux dernières années. Je les termine ainsi: « J’espère que vous saurez tirer leçon de ma lettre comme je tire aujourd’hui leçon de vos diagnostic et prescription. Cordialement. Catwoman S.F »

Moralité de l’histoire: Consultez un médecin sans dépendre de lui. Responsabilisez vous dans votre prise en charge. Ne vous laissez pas assister. Vous n’êtes pas un paquet. Personne ne vous connaît mieux que vous même. Exigez de vous même et de l’autre un résultat. Ayez confiance, pas seulement en l’autre mais en vous même. Soyez patients, tolérez l’erreur et approfondissez. Ne changez pas de professionnel de santé tous les quatre matins. Soyez ensemble dans l’aventure. C’est un travail, un vrai, le seul. Comme disait mémé: « Il faut partager! » Euh non c’est pas celle là. « Tant qu’on a la santé! »

Et pour finir, parce que la candidose, la bactérie et les antibiotiques ont eu raison de mon système digestif: Une vidéo vidéo sur « l’intestin, comment ça fonctionne? » expliqué par un petit homme venu d’une autre planète (ou je le soupçonne, du fin fond des Cévennes)

Take care.

Catwoman

130 jours

« Alors que revoilà la sous préfète!« ¹ me voilà de retour, l’air de rien, en toute nonchalance. Et déjà ça y est, c’est fini. Non, ça y est ça commence. La vie continue.

130 jours…

à me regarder le nombril, dedans, dehors, sous toutes les coutures; à observer, tester, tout démonter; à ouvrir, fermer, ouvrir, OUVRIR! J’ai lu, j’ai flairé même! les livres, les blogs, les perspectives, les voies, les pistes, les horizons. J’ai cherché la paix, l’humilité, l’authenticité, la passion, la joie, la compréhension, les bisounours, la reconnaissance, les encouragements, le lâcher prise, la légèreté, les petits poneys, l’investissement, le présent, les projections…

Au cours de ces derniers mois on m’a demandé « Pourquoi partager des choses si intimes à travers un blog? Tu écris avec tes tripes quand même! » Je n’avais pas de réponse. Aujourd’hui je constate que j’ai tellement parlé de mes intestins mes intestins m’ont tellement fait crier qu’il était évident que je ne pouvais parler qu’avec mes tripes. J’ai eu comme un sacré besoin de bordel de merde d’exulter. J’en avais gros sur le tuyau! D’ailleurs ça va beaucoup mieux ces derniers temps, je vous en remercie… c’est certainement pour ça que vous avez moins eu l’occasion de me lire, exultant.

Pourquoi ai-je ouvert si grand les pages de mon blog? Peut être parce que je crois sincèrement qu’on peut tout partager. L’écriture à été un remède naturel. J’aurais pu prendre des cachets et parler de potager ou de photo mais j’ai choisi d’aller à l’essentiel.

Au commencement, j’avais déjà bien avancé. Mais j’ai perdu la clé en cours de route. C’était trop fragile tout ça.

Le conte des 130 jours et 1 nuit

Petit être conditionné s’était mis en quête du déconditionnement dans la joie. Pourtant, lors d’un voyage au pays de ses origines pendant lequel il se confronta au connu, il perdit sa légèreté et se reconduisit sans détour sur la voie du doute et de la culpabilité. Comprenant tout ça, il se mit en colère le petit être. Il eut l’impression de devoir tout recommencer depuis le début, il eut l’impression d’être seul et incompris. Et puis l’hiver se fit gris et froid et précipita le monde de petit être plus encore dans la brume. Il n’y voyait plus à deux mètres devant. Il était sclérosé par ses peurs. Il eut beau aller trouver l’herbe plus verte à côté, lorsqu’il rentrait chez lui, il ne fallait que quelques jours à ses pensées assujettissantes pour le rendre totalement impuissant. Qu’il est lourd le poids de l’éducation, souffrait-il.

Sans crier gare, le printemps arriva avec tous ses potes. Et cela suffit à petit être pour que ses lunettes se désembuent, pour que son ciel s’éclaircisse et qu’il soit capable alors d’apercevoir l’horizon à nouveau. Il eut aussi suffisamment de recul pour voir tous ces gens autour de lui, tous ces liens, ces soutiens qui s’étaient créés cet hiver et pour lesquels il n’avait pas encore réussi à exprimer sa gratitude. S’il y voit plus clair, petit être a décidé d’avancer avec un bâton, comme pour assurer ses pas, comme de peur de tomber sur un obstacle imprévu. Mais il s’efforce de croire en lui pour avancer.

… et il eurent beaucoup d’enfants. FIN

Métaphore, j’adore! Le bâton c’est celui du pèlerin car je reviens de Saint Jacques de Compostelle. Je dois dire que ma branche d’eucalyptus m’a bien aidée à soutenir mes pauvres genoux tout endoloris. Aujourd’hui encore je marche comme un pantin actionné par des ficelles – je suis au top de ma volupté. Le bâton symbolise aussi mon besoin de soutien en ces temps où il m’est encore difficile de croire en mon potentiel. Mais la glace commence à fondre autour de moi et je trouve à présent le courage d’avancer à tâtons sur mon propre chemin. Dans le rayon métaphorique, mes rêves sont une mine d’or. Quasi toutes les nuits, je rêve que je cours à travers des forêts et quelque chose me fait peur – comme un monstre qui va surgir – un ours, un guépard, et même un tyrannosaure (si j’te jure). J’arrive à destination mais c’est toujours trop tard. C’est comme un auto-croche patte, un auto-sabotage. Je me coupe l’herbe sous le pied… mais j’avance! On est loin du rêve kafkaïen quand même.

Merci à l’écriture. Une de mes plus belles confidentes cet hiver. Merci à petit Bouddha, merci à dame Toxico et dame Raison. Merci pour l’écoute, le soutien, les encouragements et les critiques constructives. Je sais à présent que je ne sais toujours rien, ou je ne sais pas que je sais toujours tout.

Pour fêter la fin de ces 130 jours, le Pôle Emploi m’annonce que je passe à l’Allocation de Solidarité Spécifique. Ce qui implique donc que je ne suis pas encore à la rue – hip hip hip hourra! – et que l’aventure continue!

Sur le chemin

 

¹ Réplique du film culte La Cité de la Peur des Nuls.

 

Ciel, mes ovaires!

Après m’être cassée pour trouver la voie, je crus que rester sans voix me permettrait de trouver la voie. Jusque là ça va? Finalement je retrouvai la voix pour m’autoriser à trouver MA voie. Mais c’était sans compter l’épidemie de grippe qui rodait et qui ne me loupa pas. A tousser comme une tuberculeuse, j’en perdis la voix! Ironie, ma très chère, je t’adore.

Quelques jours plus tard…

Le soleil de retour, les gens parés de leur plus beau sourire, des airs de Printemps. Requinquée que j’étais, je proposai spontanément à une copine de m’occuper de son mini moi pour lui permettre de vivre autre chose. Pas besoin de proposer deux fois… parents indignes. Ce jour là, j’eus droit à de gros sourires de quatre dents; à des larmes de crocodile, à des « l’herbe, le sable et les poules c’est la vie« ; à des « le beurre de karité? Bah si ça se mange!« , et à de grooos calins! Avec tout ça, la voix du coeur s’exclama « Moi aussi je veux un bébé! »

Arrêt sur image – resituons le personnage. Jusqu’à ce jour, j’étais une personne qui sentait, vivait, interprétait et décrivait la grossesse et l’accouchement comme « Dégoutants« . Pendant longtemps je restais sourde à cette angoisse car mon entourage en riait. J’en riais donc avec eux. Au mieux je restais insensible à un gros bidon, au pire je sentais la nausée monter. Les gynécos devinrent eux aussi mes pires ennemis, et je leur offrai mes plus beaux malaises. Quelques mois auparavant, j’osai finalement exagérer le trait en posant le mot « phobie » sur mon dégoût¹. Je m’autorisai enfin à prendre la situation au sérieux et  commençai le travail de réconciliation.

Reprenons – « Moi aussi je veux un bébé! » WTF! Mais qu’est ce qu’elle fait Dame Raison là? Elle devrait déjà être montée sur ses grands chevaux! Bah là, rien. Aussitôt l’envie exprimée, je retrouvai la paix.

Le lendemain, je retrouvai une copine qui me confia qu’elle avait fait un test de grossesse révélé positif, et toutes les questions que cela entrainait. Je l’écoutais avec intérêt quand j’en vins à réfléchir à la date de mes menstruations à venir. « Bah merde, j’ai combien de jours de retard là? » Oui, ces trucs là c’est comme l’administratif, j’attends que ça tombe sans jamais m’en préoccuper.

Alors quatre jours durant, je comptai, re-comptai et re-re-comptai sur le calendrier en attendant qu’il se passe quelque chose. Pendant ces quatre jours j’abordai le sujet avec Tristan, qui en un quart de seconde était déjà méga motivé. En quatre jours, je pensai aux enfants des copains; je pensai aux copines nouvellement enceintes. En quatre jours, nous eûmes le temps d’aller rendre visite au couple de copains qui venaient d’accueillir leur nouveau né à la maison; et puis mon ventre gonfla comme un ballon de baudruche. Mes règles au final, je ne les attendais même plus.

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Au quatrième jour, je ne parvins plus à retenir les chevaux. Je commençai à penser que je n’étais pas au chômage pour rien, que c’était le moment de faire un enfant. En jardinant je me construisai des comparaisons entre mon corps et la terre. Je ne pus plus supporter le doute. Ce fut l’heure du test. Pour faire les choses bien, j’achetai le test à 11h et me résolvai à attendre le lendemain – parce que « le taux de fiabilité est optimal avec les premières urines » – c’est écrit sur le papier!

Alors voilà, je passai la journée dehors pour ne plus m’accrocher à la question en attendant le résultat, pour éviter toute projection, pour ne plus me demander si j’espérais un résultat positif ou négatif, si je serais déçue ou flippée, si ce serait un garçon ou une fille, comment je l’annoncerai à qui en premier quand… Je me couchai exténuée et passai mes quatre heures de sommeil à rêver que je faisais du porridge. Réveil au garde à vous, je courrai à la salle de bains uriner sur un bâton, très concentrée. En 3 minutes chrono et une profonde inspiration, je découvrai un résultat négatif. Le flop. Je me sentis ridicule de la pression que je venais de vivre. J’étais triste puis en colère. La phase de deuil dura la journée.

Et puis ma petite voix – elle était toujours là – et elle me dit que quand même, j’avais fait un sacré bond en avant. A partir de maintenant, j’allais pouvoir m’envisager maman.

¹Cette peur, c’est la « tocophobie » soit phobie de l’enfantement. Si d’éminents grécophones lui attribuèrent un nom et donc reconnurent cette souffrance, il me fut bien difficile de trouver d’amples informations sur le sujet.

Cassée la voix

 

DSC_0753_modifié-1« Le silence est d’or, alors je me tais » chantait un certain Mc Solaar. Voilà pourquoi le défi s’est figé ces dernières semaines – sur un plan purement littéraire j’entends. Laissez moi vous raconter.

 

Gironde, Le Village des Pruniers, 7 – 14 février 2014

La cloche retentit. Chacun interrompit son activité pour revenir à lui même. Une profonde inspiration pour lâcher prise avec mes pensées, une profonde expiration pour écouter le battement de mon coeur et retrouver l’équilibre. La cloche cessa de sonner. Après ces quelques secondes de répit je rouvrai les yeux, un sourire de sérénité naissant sur mes lèvres. La vie active reprit son cours.

 

Quelques jours plus tôt, à peine recrachée du gigantesque tourbillon dans lequel j’avais été prise, je décidai de chercher refuge.

En Inde? Trop compliqué, pas assez spontané. « Au Village des Pruniers?! » me suggéra Tristan pour la première quinzième fois. (Le Village des pruniers – Plum village pour les english speakers – c’est un monastère bouddhiste dont le travail spirituel est basé sur la pratique de la pleine conscience). Je me couchai pensant « No way!« . Je me réveillai m’exclamant « Mais grave!« . Apparemment pressé de me faire interner se retrouver, Tristan s’enquérit des possibilités de séjour pour moi. « Il y a une retraite dans 2 jours! » Oh waow, ça c’était spontané. J’envoyai un e-mail de réservation. La veille au soir, l’ordinateur restait allumé en attente d’un verdict quand soudain: « Votre réservation est confirmée« . Ainsi soit-il!!

Tant pis pour le pot d’échappement qui venait de trouer et qui donnait un côté  vieille pétrolette qui pue rallye à ma vieille Twingo. Tant pis pour les 6 heures de route en terre montagneuse et vallonnée – même pas peur non plus. Tant mieux si j’allais devoir me lever à 5h tous les matins et enchainer avec de la méditation – même pas peur… c’est FAUX.  Mais rien n’aurait su m’arrêter. J’étais en joie, sûre que j’avais frappé à la bonne porte. J’allais enfin me retrouver dans un cadre propice à la confrontation. Plus d’échappatoire! Solitude, travail de recentrage, discipline!

Ce fut donc pleine d’exigences envers moi même que j’entamais l’aventure. Même les nonnes savaient s’amuser plus que moi, c’est pour dire. J’affrontai enfin ma chère et tendre reconnaissance. Je me voyais chercher le regard, le sourire, les mots de l’autre. Tout ce qui, chez l’autre, put me faire penser que j’avais une raison d’être.  Il m’arriva de ressentir un sentiment de vide, le sentiment de « ne pas compter ». A d’autres moments au contraire, je ressentis une liberté immense. Je n’eus plus à rendre de compte, à me justifier, à être ou agir. Dans les deux sens, j’étais seule, et libre.

Je lâchai prise pour embrasser mes souffrances. J’oubliai les questions pour cesser de chercher des réponses. Je dormai comme un bébé, mangeai comme une princesse et Dame somatisation prit congé.

Avant ce séjour, j’avais dans l’idée que le clocher à côté de chez moi voulait me pousser au suicide rendre chèvre. Il arrivait parfois à me rappeler d’un ton sinistre que le temps passe et que j’étais toujours au chômage – et cela toutes les heures. La cloche du village des pruniers m’amena une perspective différente. En rentrant, je renoncai à l’idée d’envoyer une lettre au maire pour négocier qu’on supprima certains sons de cloche pour ma santé mentale.

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Je ne compris la différence entre austérité et sérénité qu’à mon retour. Après avoir tenté de continuer sur la voie bouddhiste, je finis par entendre et comprendre que plus j’essayais d’être sereine, moins je parvenais à rester moi même. Tristan m’exprima son chagrin de me voir passer du côté obscur de la force. Ce déclic me permit de troquer le masque de Dark Vador ainsi que la robe de maitre Yoda contre mes fringues les plus humbles et sympas. Ce fut un plaisir de me retrouver enfin.

Je prends à présent plaisir à lâcher prise de manière si tranquille. J’accepte que je ne sais rien.

Catastrophe naturelle

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Un tourbillon. Pas une tornade non, parce qu’une tornade ça dévaste tout sur son passage. Le tourbillon, lui, il aspire vers le fond, mais finit toujours par recracher ses prisonniers. Il suffit de ne pas lutter.

Et pourtant.

Je me débats. Violence inouïe. J’ai les idées embrouillées, ça me prend aux tripes, jusqu’à la nausée. Je lâche prise. Le calme finit par revenir. Je suis comme échouée sur la rive. Je ne maitrise plus grand chose, ça me fait un peu peur, et puis plus.

La nuit dernière j’ai rêvé. Il est tard, il faut que je rentre. Je m’empresse de retrouver ma voiture. Je tente de démarrer. Merde, c’est pas la bonne clé! Je fouille et finis par la trouver. La voiture démarre, je respire. Sur le point de partir, je me demande soudain le but de ma démarche. Pourquoi faire toute cette route? Rester ici serait plus simple non?

Partir? Rester?

Attendre? Réagir?
En tout cas j’en suis sûre, la clé… je l’ai.