Y’a comme un hic

Tout excitée de m’être lancée dans l’entreprise des 130 jours, je passai des heures ce soir là à me projeter dans des dizaines de choses à la fois. Comme si quelqu’un avait enfin donné le top départ du marathon de la créativité – celui pour lequel j’avais l’impression de m’être entrainée pendant longtemps. La différence, c’est qu’à courir un marathon assise, les yeux rivés sur un écran, on se couche le soir avec la migraine et les jambes qui fourmillent, et ça, c’est carrément moins édifiant.

Mais c’est forte de cet enseignement que je décidai dès mon réveil le lendemain de mieux gérer mon enthousiasme pour retourner à la douceur du vivre l’instant présent. Celui où l’on se rappelle ce que respirer veut dire et où les troubles obsessionnels compulsifs s’atténuent. Sans même que j’ai eu besoin de partager l’humeur du jour, mon cher et tendre, mon yang, mon alter ego, comprit et suggéra une balade au soleil. En voilà une évidence, qu’elle est évidente! Quoi de mieux que la nature pour se retrouver, moi, lui, nous? Je me gonflai à bloc pour aller flâner, les yeux dans le ciel bleu,  nous tenant par la main comme deux amoureux… lorsque soudain, je perçus dans le regard de mon Tristan, une énergie totalement inverse à la mienne: ça bouillonnait la dedans, ça ne demandait qu’à faire sauter le couvercle et à déborder de tous les côtés. Forte de mon envie de zen, je troquai la fleur dans mes cheveux pour les baskets aux pieds et je partis sans attendre afin de lui faire comprendre que cette balade devenait une quête spirituelle, genre Indiana Jones à la recherche du Bouddha perdu. Mais nom d’une bourrique! Il tenait bon le bougre. Il me rattrapa en moins d’une minute avec un « Mais attend moi! » plein de désespoir. Je n’eus pas le temps de dire ouf qu’il avait déjà déversé le flot de ses inquiétudes devant tant d’incertitudes quant à nos avenirs professionnels: « Resterons nous ici? Partirons nous plutôt? »; sa tristesse de se sentir « victime d’une société malade qui nous pousse à nous projeter sans arrêt […] »

Arf, ça y’est, il m’avait eue. Je jetai un regard vers la rivière et je le vis. Il était là mon Bouddha. Il prenait l’eau. Je le regardai se noyer et se faire emporter par le courant, impuissante. Toute désabusée, j’abandonnai ma quête et nous revînmes sur nos pas afin d’être à l’heure pour accueillir l’ami Pierre, de passage dans les Cévennes.

Si j’avais perdu ma jovialité, j’avais au moins prévu une galette à engloutir pour oublier offrir à notre convive après son long voyage  (on ne déroge ni au goûter, ni à la tradition). Au moment de m’asseoir autour de cette belle table gourmande, voilà t’y pas que je sens une douleur aigüe envahir mon dos. « Respire! » m’ordonnai-je. Que nenni, rien à faire. Je restai debout, je finis par m’asseoir, je me tortillai sur ma chaise, repliant un genou et puis l’autre… jusqu’à accepter putain de bordel de merde ma foi plutôt sereinement, que, non seulement je n’aurais pas la fève, mais surtout  que j’étais en train de me bloquer le dos (pour la deuxième fois cette semaine…).

Ainsi, reine de la théorie de la somatisation que je suis, j’ai fini par en conclure que c’est élémentaire mon cher Watson! Il y a quelque chose qui coince!

2 réflexions au sujet de « Y’a comme un hic »

  1. Il est plutôt cool ton petit bouddha, il te donne l’énergie nécessaire quand il faut y aller et il t’apporte de bonnes réflexions.
    Ok, il coule de temps en temps et somatise à fond, mais c’est aussi dans ces moments bouleversants que petit bouddha trouve de la force, non ?🙂

  2. C’est sûr. J’apprends à lâcher prise et à accepter que la vie, malgré ce qu’on nous injecte au quotidien, ne se résume pas à tout faire pour aller bien avec un sourire et des lunettes de soleil. C’est plus une danse voire une transe. J’essaye de ne pas aller à contre courant. Et après ces quelques mois à m’être un peu laissée porter, j’ai maintenant envie d’entrer dans la danse!
    En tout cas, merci pour ce petit mot qui m’a fait réfléchir🙂

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