J’aurais voulu être…

Je déclare mon challenge photo officiellement lancé!La criée du Vigan par un samedi pluvieux joyeux! (Tu peux regarder cette image mais pas la copier)

Ce projet photo, ça fait plusieurs semaines que je l’envisage. Après un  « hic » dorsal finalement éradiqué à coup d’ostéo et d’étirements gracieux, me voilà prête!

Pour moi la photo c’est du domaine du loisir. Malgré tout, il est perturbant de ressentir à quel point certaines sensations se décuplent lorsque je m’adonne à mon loisir. Je pense viser juste lorsque je mets cela sur le compte de  mon caractère « je veux tout tout de suite et ici » et de mon inactivité professionnelle.

Illustration: moi qui peine à retenir les règles de la vitesse d’obturation et d’ouverture du diaphragme, je me les répète en boucle comme une élève qui révise un contrôle. Mais l’adrénaline que me procure une once de satisfaction et de créativité, me propulse en un quart de seconde dans un état second où je suis reporter photographe. Seules quelques minutes à manipuler l’appareil et les gadgets me suffisent à ressentir un profond enthousiasme me faisant perdre tout contrôle. Dans ces moments là j’ai l’impression de me payer une partie de rodéo. Je suis carrément en transe…

… Temps mort – c’est moi ou c’est presque carrément érotique mon affaire?… Soit.

Dans mon délire je m’envole : »Et si ça m’amenait plus loin que je n’ose même l’imaginer? Si de fil en aiguille je me découvrais un talent monstre par ce biais, que ça m’amenait à devenir la révélatrice de tous ces visages qui m’entourent, que je ne pouvais faire autrement que de m’y consacrer ?[…]« . Quand soudain Dame pudeur – fatiguée et blasée de la toxico que je suis – se sent obligée de reprendre les rênes « Ouais bon, arrête ton char Ben Hur. Te découvrir un pouvoir créatif par la photo soit, en faire ta seule ambition, c’est juste… une blague. » J’apprécie ces petites querelles intra cervelle jusqu’au moment où je  finis par me sentir pathologiquement plusieurs, à m’en cogner la tête contre les murs. Rongée par le conflit de loyauté, j’appelle petit Bouddha à la rescousse afin de tenter un rééquilibrage mental plus que nécessaire à ma survie.

Ainsi, après 10 ongles rongés, 6 « merde » 4 « putain » et 1 migraine une profonde inspiration salvatrice, petit Bouddha me sussure que la clé est dans le détachement – bah oui évidemment. Il me dit que ce projet photo, je dois le développer de manière presque désinteressée. Il m’explique (en vrai c’est Tristan et Pierre Rabhi qui l’expliquent le mieux) que « Petit scarabée n’a pas besoin d’être pêcheur pour regarder le poisson qui nage dans la rivière« . Check Bouddha, tu gères.

Pour ma défense, à apprendre très tôt, même en grammaire, que tout a une nature mais surtout une fonction, moi j’ai vite appris à voir les choses avec l’oeil du consommateur féroce. Mais là où ça dépasse les bornes c’est quand je me rends compte que je me regarde avec ces mêmes yeux inquisiteurs. Je me cherche une utilité à moi même, et à tout prix. « Moi je serai éduc’-super-héroïne-peintre-chanteuse-danseuse-photographe-comédienne!… Bah quoi? Faut bien manger! » me justifie-je… allons bon. Allez, avoue! Tu pues le besoin de reconnaissance!

Je ne parlerai pas pour vous (même si je crois pas que vous ayez pu y échapper) mais moi j’ai grandi avec un soucis d’intégration et je me suis laissée embarquer dans la quête infernale de la reconnaissance. Le truc pervers c’est qu’une fois l’individu reconnu par le groupe comme semblable, il n’a qu’une envie: comprendre ce qui fait de lui un être singulier. Et il se met alors à chercher cette reconnaissance par un autre biais. La misère quoi. Et donc moi par exemple – pas vous hein – je suis assez aliénée pour avoir le souhait d’être pareille aux autres mais différente bien sûr.

Enfin bref, forte de toute cette réflexion, j’ai payé ma petite visite de courtoisie au Pôle Emploi (bon d’accord, j’avais pas trop le choix). Mis à part le strabisme hallucinant!! de ce conseiller bien aimable, et le fait qu’il va falloir coucher pour trouver un CDI dans le coin, bah quand même j’en retiens surtout que  j’ai envie de me retrouver un poste d’éduc’, mais pas n’importe lequel et pas n’importe où.

Amen.

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