Ciel, mes ovaires!

Après m’être cassée pour trouver la voie, je crus que rester sans voix me permettrait de trouver la voie. Jusque là ça va? Finalement je retrouvai la voix pour m’autoriser à trouver MA voie. Mais c’était sans compter l’épidemie de grippe qui rodait et qui ne me loupa pas. A tousser comme une tuberculeuse, j’en perdis la voix! Ironie, ma très chère, je t’adore.

Quelques jours plus tard…

Le soleil de retour, les gens parés de leur plus beau sourire, des airs de Printemps. Requinquée que j’étais, je proposai spontanément à une copine de m’occuper de son mini moi pour lui permettre de vivre autre chose. Pas besoin de proposer deux fois… parents indignes. Ce jour là, j’eus droit à de gros sourires de quatre dents; à des larmes de crocodile, à des « l’herbe, le sable et les poules c’est la vie« ; à des « le beurre de karité? Bah si ça se mange!« , et à de grooos calins! Avec tout ça, la voix du coeur s’exclama « Moi aussi je veux un bébé! »

Arrêt sur image – resituons le personnage. Jusqu’à ce jour, j’étais une personne qui sentait, vivait, interprétait et décrivait la grossesse et l’accouchement comme « Dégoutants« . Pendant longtemps je restais sourde à cette angoisse car mon entourage en riait. J’en riais donc avec eux. Au mieux je restais insensible à un gros bidon, au pire je sentais la nausée monter. Les gynécos devinrent eux aussi mes pires ennemis, et je leur offrai mes plus beaux malaises. Quelques mois auparavant, j’osai finalement exagérer le trait en posant le mot « phobie » sur mon dégoût¹. Je m’autorisai enfin à prendre la situation au sérieux et  commençai le travail de réconciliation.

Reprenons – « Moi aussi je veux un bébé! » WTF! Mais qu’est ce qu’elle fait Dame Raison là? Elle devrait déjà être montée sur ses grands chevaux! Bah là, rien. Aussitôt l’envie exprimée, je retrouvai la paix.

Le lendemain, je retrouvai une copine qui me confia qu’elle avait fait un test de grossesse révélé positif, et toutes les questions que cela entrainait. Je l’écoutais avec intérêt quand j’en vins à réfléchir à la date de mes menstruations à venir. « Bah merde, j’ai combien de jours de retard là? » Oui, ces trucs là c’est comme l’administratif, j’attends que ça tombe sans jamais m’en préoccuper.

Alors quatre jours durant, je comptai, re-comptai et re-re-comptai sur le calendrier en attendant qu’il se passe quelque chose. Pendant ces quatre jours j’abordai le sujet avec Tristan, qui en un quart de seconde était déjà méga motivé. En quatre jours, je pensai aux enfants des copains; je pensai aux copines nouvellement enceintes. En quatre jours, nous eûmes le temps d’aller rendre visite au couple de copains qui venaient d’accueillir leur nouveau né à la maison; et puis mon ventre gonfla comme un ballon de baudruche. Mes règles au final, je ne les attendais même plus.

DSC_0401[1]

Au quatrième jour, je ne parvins plus à retenir les chevaux. Je commençai à penser que je n’étais pas au chômage pour rien, que c’était le moment de faire un enfant. En jardinant je me construisai des comparaisons entre mon corps et la terre. Je ne pus plus supporter le doute. Ce fut l’heure du test. Pour faire les choses bien, j’achetai le test à 11h et me résolvai à attendre le lendemain – parce que « le taux de fiabilité est optimal avec les premières urines » – c’est écrit sur le papier!

Alors voilà, je passai la journée dehors pour ne plus m’accrocher à la question en attendant le résultat, pour éviter toute projection, pour ne plus me demander si j’espérais un résultat positif ou négatif, si je serais déçue ou flippée, si ce serait un garçon ou une fille, comment je l’annoncerai à qui en premier quand… Je me couchai exténuée et passai mes quatre heures de sommeil à rêver que je faisais du porridge. Réveil au garde à vous, je courrai à la salle de bains uriner sur un bâton, très concentrée. En 3 minutes chrono et une profonde inspiration, je découvrai un résultat négatif. Le flop. Je me sentis ridicule de la pression que je venais de vivre. J’étais triste puis en colère. La phase de deuil dura la journée.

Et puis ma petite voix – elle était toujours là – et elle me dit que quand même, j’avais fait un sacré bond en avant. A partir de maintenant, j’allais pouvoir m’envisager maman.

¹Cette peur, c’est la « tocophobie » soit phobie de l’enfantement. Si d’éminents grécophones lui attribuèrent un nom et donc reconnurent cette souffrance, il me fut bien difficile de trouver d’amples informations sur le sujet.

Une réflexion au sujet de « Ciel, mes ovaires! »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s