130 jours

« Alors que revoilà la sous préfète!« ¹ me voilà de retour, l’air de rien, en toute nonchalance. Et déjà ça y est, c’est fini. Non, ça y est ça commence. La vie continue.

130 jours…

à me regarder le nombril, dedans, dehors, sous toutes les coutures; à observer, tester, tout démonter; à ouvrir, fermer, ouvrir, OUVRIR! J’ai lu, j’ai flairé même! les livres, les blogs, les perspectives, les voies, les pistes, les horizons. J’ai cherché la paix, l’humilité, l’authenticité, la passion, la joie, la compréhension, les bisounours, la reconnaissance, les encouragements, le lâcher prise, la légèreté, les petits poneys, l’investissement, le présent, les projections…

Au cours de ces derniers mois on m’a demandé « Pourquoi partager des choses si intimes à travers un blog? Tu écris avec tes tripes quand même! » Je n’avais pas de réponse. Aujourd’hui je constate que j’ai tellement parlé de mes intestins mes intestins m’ont tellement fait crier qu’il était évident que je ne pouvais parler qu’avec mes tripes. J’ai eu comme un sacré besoin de bordel de merde d’exulter. J’en avais gros sur le tuyau! D’ailleurs ça va beaucoup mieux ces derniers temps, je vous en remercie… c’est certainement pour ça que vous avez moins eu l’occasion de me lire, exultant.

Pourquoi ai-je ouvert si grand les pages de mon blog? Peut être parce que je crois sincèrement qu’on peut tout partager. L’écriture à été un remède naturel. J’aurais pu prendre des cachets et parler de potager ou de photo mais j’ai choisi d’aller à l’essentiel.

Au commencement, j’avais déjà bien avancé. Mais j’ai perdu la clé en cours de route. C’était trop fragile tout ça.

Le conte des 130 jours et 1 nuit

Petit être conditionné s’était mis en quête du déconditionnement dans la joie. Pourtant, lors d’un voyage au pays de ses origines pendant lequel il se confronta au connu, il perdit sa légèreté et se reconduisit sans détour sur la voie du doute et de la culpabilité. Comprenant tout ça, il se mit en colère le petit être. Il eut l’impression de devoir tout recommencer depuis le début, il eut l’impression d’être seul et incompris. Et puis l’hiver se fit gris et froid et précipita le monde de petit être plus encore dans la brume. Il n’y voyait plus à deux mètres devant. Il était sclérosé par ses peurs. Il eut beau aller trouver l’herbe plus verte à côté, lorsqu’il rentrait chez lui, il ne fallait que quelques jours à ses pensées assujettissantes pour le rendre totalement impuissant. Qu’il est lourd le poids de l’éducation, souffrait-il.

Sans crier gare, le printemps arriva avec tous ses potes. Et cela suffit à petit être pour que ses lunettes se désembuent, pour que son ciel s’éclaircisse et qu’il soit capable alors d’apercevoir l’horizon à nouveau. Il eut aussi suffisamment de recul pour voir tous ces gens autour de lui, tous ces liens, ces soutiens qui s’étaient créés cet hiver et pour lesquels il n’avait pas encore réussi à exprimer sa gratitude. S’il y voit plus clair, petit être a décidé d’avancer avec un bâton, comme pour assurer ses pas, comme de peur de tomber sur un obstacle imprévu. Mais il s’efforce de croire en lui pour avancer.

… et il eurent beaucoup d’enfants. FIN

Métaphore, j’adore! Le bâton c’est celui du pèlerin car je reviens de Saint Jacques de Compostelle. Je dois dire que ma branche d’eucalyptus m’a bien aidée à soutenir mes pauvres genoux tout endoloris. Aujourd’hui encore je marche comme un pantin actionné par des ficelles – je suis au top de ma volupté. Le bâton symbolise aussi mon besoin de soutien en ces temps où il m’est encore difficile de croire en mon potentiel. Mais la glace commence à fondre autour de moi et je trouve à présent le courage d’avancer à tâtons sur mon propre chemin. Dans le rayon métaphorique, mes rêves sont une mine d’or. Quasi toutes les nuits, je rêve que je cours à travers des forêts et quelque chose me fait peur – comme un monstre qui va surgir – un ours, un guépard, et même un tyrannosaure (si j’te jure). J’arrive à destination mais c’est toujours trop tard. C’est comme un auto-croche patte, un auto-sabotage. Je me coupe l’herbe sous le pied… mais j’avance! On est loin du rêve kafkaïen quand même.

Merci à l’écriture. Une de mes plus belles confidentes cet hiver. Merci à petit Bouddha, merci à dame Toxico et dame Raison. Merci pour l’écoute, le soutien, les encouragements et les critiques constructives. Je sais à présent que je ne sais toujours rien, ou je ne sais pas que je sais toujours tout.

Pour fêter la fin de ces 130 jours, le Pôle Emploi m’annonce que je passe à l’Allocation de Solidarité Spécifique. Ce qui implique donc que je ne suis pas encore à la rue – hip hip hip hourra! – et que l’aventure continue!

Sur le chemin

 

¹ Réplique du film culte La Cité de la Peur des Nuls.

 

Une réflexion au sujet de « 130 jours »

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